Dialogue entre Nina Bouraoui et Abdellah Taïa, auteurs de 'Garçon manqué' et 'Une mélancolie arabe'

J'ai récemment lu les oeuvres Garçon Manqué et Une mélancolie arabe en cours. Je trouvé entre ces deux oeuvres assez des points en commun. Voyons ce qu'en pensent leurs auteurs, Nina Bouraoui et Abdellah Taïa, respectivement.

Nina Bouraoui : Bonjour Abdellah, ça me fait plaisir de discuter avec vous aujourd'hui.

Abdellah Taïa : Bonjour Nina, c'est un honneur de parler avec vous également.

Nina Bouraoui : J'ai récemment lu votre livre Une mélancolie arabe. Je l'ai trouvé très touchant. Comment avez-vous eu l'idée d'écrire sur votre propre vie ?

Abdellah Taïa : Merci beaucoup, Nina. Mon livre est en effet très personnel. J'ai voulu raconter mon histoire, celle d'un garçon marocain qui grandit dans une société conservatrice et qui se sent différent. Et vous, comment avez-vous eu l'idée d'écrire Garçon manqué ?

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Nina Bouraoui : J'ai été inspirée par ma propre adolescence, où j'ai ressenti le besoin de m'exprimer librement et d'explorer ma propre identité. Mon personnage de garçon manqué est une version romancée de moi-même.

Abdellah Taïa : C'est intéressant, nos deux livres traitent de la question de l'identité. Vous évoquez également les thèmes de l'amour et de la sexualité. Comment avez-vous abordé ces sujets dans votre livre ?

Nina Bouraoui : J'ai voulu raconter une histoire d'amour entre deux femmes, qui doit faire face aux préjugés de la société. J'ai voulu montrer comment l'amour peut transcender les barrières culturelles et sociales. Et vous, comment avez-vous traité la question de l'amour dans votre livre ?

Abdellah Taïa : Mon personnage est également en quête d'amour, mais il se heurte aux normes culturelles et religieuses de la société marocaine. Je voulais montrer comment ces normes peuvent opprimer et étouffer l'individu.

Nina Bouraoui : Nos personnages ont en commun le fait de se sentir différents, de ne pas se conformer aux normes de la société. Comment avez-vous développé votre personnage principal ?

Abdellah Taïa : Mon personnage est en quelque sorte un double de moi-même. J'ai voulu montrer les conflits intérieurs que j'ai moi-même ressentis en grandissant dans une société conservatrice. Je voulais également montrer comment on peut trouver sa propre voie malgré les obstacles.

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Nina Bouraoui : C'est intéressant, car mon personnage de garçon manqué est également inspiré de mon propre vécu. Je voulais montrer comment on peut être à la fois femme et garçon manqué, comment on peut dépasser les stéréotypes de genre.

Abdellah Taïa : Nos livres ont donc en commun le thème de l'identité, de l'amour et de la quête de soi. Mais ils sont également différents dans leur approche. Votre livre est plus poétique, plus introspectif, alors que le mien est plus politique, plus engagé.

Nina Bouraoui : C'est vrai, nos livres ont chacun leur propre tonalité. Mais je pense qu'ils sont tous les deux importants, car ils donnent une voix aux marginaux, à ceux qui sont exclus de la norme.

Abdellah Taïa : Absolument, nos livres sont une forme de résistance, une manière de dire "nous existons, nous".

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