Entretien à Emmanuel Kasarhérou, bâtisseur de ponts entre les cultures
- Bonjour Emmanuel Kasarhérou, vous êtes le premier Kanak à être nommé président du musée du Quai Branly - Jacques Chirac. Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce que cela représente pour vous ?
Bonjour, j'ai grandi en Nouvelle-Calédonie et j'ai fait mes études en France. Je suis revenu dans mon pays et j'ai travaillé pour la promotion de la culture kanak. Être nommé président du Quai Branly est une grande fierté pour moi et pour les Kanaks, car cela montre que notre culture est reconnue à l'échelle internationale.
- Dans une de vos interviews, vous avez parlé de l'importance de tisser des liens entre les cultures. Comment le musée du Quai Branly contribue-t-il à cet objectif ?
Le musée du Quai Branly est un lieu qui met en valeur les cultures non-occidentales, en particulier les cultures africaines, asiatiques, océaniennes et amérindiennes. Nous avons une programmation riche et variée qui permet aux visiteurs de découvrir ces cultures et d'appréhender la diversité du monde. Nous organisons également des expositions temporaires, des colloques et des événements pour approfondir certains sujets et pour favoriser le dialogue entre les cultures.
- Dans une autre interview, vous avez souligné l'importance de la coopération internationale pour la préservation du patrimoine culturel. Comment cela se concrétise-t-il dans votre travail ?
Le musée du Quai Branly travaille avec de nombreux partenaires internationaux pour préserver et valoriser le patrimoine culturel des peuples non-occidentaux. Nous collaborons avec des musées, des universités, des organisations non-gouvernementales et des communautés locales. Nous organisons des missions scientifiques sur le terrain pour documenter les pratiques culturelles et nous restituons des œuvres à leurs propriétaires légitimes lorsque cela est possible.
- Vous avez récemment lancé une initiative pour créer un jardin du Pacifique à Paris. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?
Le jardin du Pacifique est un projet qui vise à créer un espace de verdure au sein du musée du Quai Branly pour mettre en valeur les cultures du Pacifique. Ce jardin sera un lieu de rencontre entre les visiteurs et les représentants des communautés du Pacifique qui viendront y partager leur savoir-faire et leur culture. Nous espérons que ce jardin sera un lieu de paix et de fraternité entre les peuples.
- Le musée du Quai Branly a été critiqué pour sa gestion des restes humains et des objets sacrés. Comment répondez-vous à ces critiques ?
Nous sommes conscients des enjeux éthiques et de la sensibilité de ces questions. Le musée du Quai Branly a pris des mesures pour respecter les protocoles de restitution et pour travailler en collaboration avec les communautés d'origine. Nous avons également mis en place une commission scientifique qui examine les demandes de restitution et les dossiers de provenance des objets.
- Vous avez été nommé au moment où la question de la restitution des œuvres d'art africaines était de plus en plus présente dans les débats. Quelle est votre position sur ce sujet ?
La question de la restitution des œuvres d'art africaines est complexe et nécessite un dialogue respectueux entre les parties concernées. Le musée du Quai Branly est favorable à la restitution des œuvres lorsque les conditions sont remplies : il faut que les communautés d'origine soient d'accord et qu'il y ait des garanties de préservation et de mise en valeur de ces œuvres dans leur contexte d'origine. Nous travaillons en ce moment sur plusieurs projets de restitution et de coopération avec les pays d'Afrique.
- En tant que président du musée du Quai Branly, quelles sont vos ambitions pour l'avenir ?
Réponse : Mon ambition est de faire du musée du Quai Branly un lieu vivant et ouvert sur le monde, qui met en valeur la diversité culturelle et favorise le dialogue entre les peuples. Nous allons poursuivre notre travail de préservation et de valorisation du patrimoine culturel, en renforçant notre coopération avec les communautés d'origine et les partenaires internationaux. Nous allons également développer notre offre numérique pour toucher un public plus large et plus diversifié. Enfin, nous allons continuer à explorer de nouvelles formes d'exposition et de médiation pour rendre la visite du musée toujours plus riche et intéressante.
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